Nouvelles frappes aériennes américano-britanniques dans le sud de l'Irak
LEMONDE.FR | 14.08.01 | 17h42
L'aviation américano-britannique a mené, dans la journée de mardi, un raid aérien
contre un site de missiles sol-air anti-aériens et un système radar dans le sud de
l'Irak, a annoncé un porte-parole du Pentagone.
Les frappes ont visé ce site de missiles et le système radar qui lui est associé, près
de An-Nasiriwah à environ 280 kilomètres au sud-est de Bagdad, a indiqué le
lieutenant-colonel David Lapan. Le nombre des avions alliés impliqués et les résultats
de l'opération n'ont pas été immédiatement précisés. Toutefois, selon les dires du
porte-parole, "la cible était utilisée par les Irakiens pour menacer les avions de
la coalition".
L'aviation des deux pays, qui patrouille la zone d'exclusion aérienne au sud du 33ème
parallèle depuis dix ans, avait mené vendredi dernier un raid important contre trois
installations de DCA dans le sud irakien, bombardant notamment un centre de communications
à fibres optiques. Ce raid avait fait un mort et onze blessés, selon la radio de Bagdad.
D'après le Pentagone, 20 chasseurs américains et britanniques avaient alors répondu à
des tirs accrus d'artillerie et de missiles sol-air.
Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a reconnu récemment que l'Irak
avait amélioré ces derniers temps ses capacités anti-aériennes "quantitativement
comme qualitativement", et gagné en précision grâce à ce réseau de fibres
optiques.
Le raid le plus important remonte au 16 février dernier avec des frappes contre des
installations de postes de commandement et des radars anti-aériens près de
Bagdad, dans le but de désorganiser un réseau de fibres optiques enterré.
Des incidents quasi-quotidiens opposent l'Irak aux avions qui survolent les deux zones
d'exclusion aérienne, imposées par Washington et Londres après la guerre
du Golfe en 1991 dans le nord et le sud du pays. Or l'Irak ne reconnaît pas ces zones,
qui ne font pas l'objet de résolutions de l'ONU, et affirme que les raids
américano-britanniques y ont fait 354 morts et un millier de blessés depuis 1998.
Ces nouvelles frappes interviennent donc dans un période de tension accrue. Le président
George W. Bush a récemment dénoncé le président Saddam Hussein
comme "une menace", qu'il faut "contrôler".
Avec AFP.