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Celui qui tient ce discours n'est pas n'importe
qui. Ce n'est pas non plus un admirateur béat de Ben Laden et
consort, ni un anti-américain indécrottable ou un ennemi
irréductible de l'Occident. Au contraire, c'est un homme qui sait de
quoi il parle et il le prouve et le démontre souvent avec la rigueur
scientifique et la pertinence d'analyse d'un chercheur de
laboratoire.
Nous avons cité le Pr. Mehdi El Mandjra dont, au demeurant, la
renommée mondiale est depuis longtemps établie et dont les avis,
réflexions et projections
-précisément en raison de leur rigueur et de leur pertinence, voire
de leur précision quasi-mathématique – sont souvent sollicités par
plus d'une institution ou médias internationaux. Les propos que nous
rapportons en prologue résument, on ne peut mieux, l'économie
générale de son dernier ouvrage intitulé : «Humiliation. A l'ère du
méga-imperialisme» et dont la troisième édition revue et actualisée
vient de paraître sous les presses de l'imprimerie Najah El Jadida.
La trame de ce livre d'un peu plus de 220 pages de format moyen et
qui consiste en un recueil d'entretiens accordés à des médias
nationaux et étrangers est tissée – on l'aura compris – autour du
comportement arrogant de l'Occident et principalement de la manière
, on ne peut plus, cavalière avec laquelle les Etats-Unis entendent
conduire les affaires du monde et leur propension à mépriser et à
traîner dans la boue tous ceux qui ne se réclament pas de la culture
judéo-chrétienne. Donc les Arabes et les Musulmans en premier lieu
mais aussi les Chinois , les Japonais, les Hindous et même ceux des
Latino-américains ou Européens qui ne se rangent pas aveuglément de
leur côté et n'épousent pas leurs thèses post-colonialistes. G.W.
Bush, prenant prétexte du drame du 11 septembre n'a cessé de
marteler qui quiconque n'est pas «avec» l'Amérique (et
accessoirement avec l'Occident) est forcément «contre» elle. Ce qui
revient à dire que l'Allemagne et la France, situées au cœur même de
l'Occident sont cataloguées dans la seconde catégorie même si – pour
des raisons de politique politicienne et d'intérêts stratégiques et
économiques - elles ne sont pas ouvertement désignées comme des
ennemis de Washington.
Pour l'auteur, cette vision manichéenne et réductrice du monde
trouve ses origines dans l'absence de repères et de référentiels
historiques et culturels chez l'Américain à même de lui baliser la
voie et de le mettre à l'abri des abus de ceux qui le dirigent,
parlent, décident et agissent en son nom. Cette absence de repères
et de «garde-jours» a déjà montré et démontré amplement sa nocivité,
en Amérique même, lors de la période du Mc- Cartysme, au lendemain
de la seconde guerre mondiale. Aujourd'hui , à la faveur de la
«globalisation» et de la désintégration de l'ancien bloc soviétique,
ce déficit historico-culturel et donc communicationnel, se manifeste
sous ses pires formes, prend des dimensions démoniaques et promet à
terme, selon le fin analyste et prospectiviste avisé qu'est El
Mandjra de mener l'Amérique à sa perte. Faute d'avoir su se
connaître elle-même et connaître ses limites d'abord et pour n'avoir
pu connaître et comprendre le monde qui l'entoure et qu'elle veut
régenter comme seul bon lui semble.
Les diverses expéditions permissives menées depuis la fin de la
seconde guerre mondiale et plus récemment, les guerres livrées
unilatéralement par l'Amérique en Afghanistan et en Irak au nom du
sacro-saint et néanmoins, très peu évident impératif de combattre le
mal pour faire régner le bien participent toutes de cette folle et
stérile logique qui fait planer de lourdes et réelles menaces sur le
monde entier et, au premier chef, sur ceux qui la cultivent et s'en
nourrissent. Une logique et une vision qui n'ont pour seule et
unique finalité que celle d'écraser les autres civilisations, de
museler toute autre culture qui ne partage pas les valeurs
occidentales et spécialement américaines, d'imposer au reste de la
planète un seul mode de pensée, un unique style de vie, une manière
typique et préalablement codifiée d'agir et de réagir. Bref,
l'humiliation dans son expression la plus cynique et la plus
raffinée, l'humiliation suprême étant celle que nous nous infligeons
à nous-mêmes, nous Arabes et Musulmans, en particulier en nous
complaisant dans le rôle de victimes impuissantes et sans défense,
voire consentantes.
Car le degré d'humiliation d'un pays ou d'une région, est, estime
–t-il, directement proportionnel à la compromission de ses
dirigeants et au degré de léthargie et de soumission de sa
population». Le Pr. El Mandjra est toutefois convaincu que la crise
des «valeurs» qui secoue le monde du fait précisément du refus des
uns de reconnaître les autres est le signe avant-coureur du début de
la fin de l'empire post-colonial américain et optimiste – mais
raisonnablement - il croit en la victoire finale de toutes ces «intifidates»
(par référence au soulèvement populaire, spontané des Palestiniens
contre l'occupation et l'oppression israélienne) qui, de par le
monde, font se dresser les humiliés contre leurs humiliateurs.
«Humiliations. A l'ère du méga-impérialisme» de Mahdi El Mandjra,
imprimerie Annajh Al Jadida, 220 pages
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