MAROC-ÉDITION
PARUTION D'UN BEAU-LIVRE SUR LA CÉRAMIQUE, UN ART DE FEU ENRICHI PAR UNE CONFLUENCE DE CULTURES


Rabat, 25 jan (MAP) - "La céramique ancienne de Fès, entre esthétisme et spiritualité" est l'intitulé d'un beau-livre, qui vient de paraître aux "éditions Marsam", réalisé par Ali Tazi, collectionneur et passionné d'arts traditionnels .

Préfacé par le professeur Mahdi Elmandjra, cet ouvrage de 158 pages, comporte des illustrations de belles pièces de collection en particulier des productions polychromes de Fès du début du 17-ème à la fin du 19-ème siècles.

Au delà de ses aspects techniques et esthétiques, l'ouvrage soutient également une thèse et avance quelques éléments importants sur les soubassements philosophiques qui ont inspiré des siècles durant les corporations de céramistes.

Il souligne l'omniprésence de l'inspiration spirituelle et la suprématie du signe métaphysique, incitateur et protecteur à la fois, dans des oeuvres qui depuis des siècles ont été seulement perçues comme utilitaires.

Le professeur Elmandjra indique, à ce propos, que la céramique, présente sous une forme ou sous une autre dans toutes les cultures, doit sa naissance et son épanouissement à la maîtrise du feu, aux algorithmes de l'imagination, aux prouesses de la main.

L'objectif principal de ce livre est de vulgariser l'appréciation de la céramique ancienne du Maroc, un univers, qui, pour reprendre les propres mots de Ali Tazi, "reste encore largement inexploré et peu accessible à un public non averti".

Le beau-livre s'articule autour de trois parties: "la période Delacroix et l'éblouissement des sens", "le mystère amazonite " et " les siècles du souffle spirituel", allant des senteurs et fragrances et de l'évolution des formes à la diversité des motifs et des décors, l'ésotérisme soufi et le graphisme du sacré.

"Toute tentative d'appréhender de manière globale l'étude de la céramique marocaine se heurte dès l'abord à une première difficulté majeure: circonscrire le sujet, en délimiter les frontières, trouver le juste équilibre entre l'ambition légitime de couvrir au maximum le domaine traité, et l'immense diversité des productions et des périodes concernées", écrit l'auteur dans l'introduction du livre.

Au Maroc, les "arts de feu" ont l'âge des premières traces de civilisations, affirme-t-il, précisant qu'ils ont été pratiqués dans toutes les régions et à toutes les époques, par les femmes et les hommes des nombreuses ethnies qui ont peuplé le pays, et participé à la formation de sa personnalité culturelle. Pour justifier l'intérêt particulier accordé à la céramique de Fès, l'auteur affirme que c'est par sa faïence émaillée, qu'elle continue à fournir le champ d'investigation le plus riche. Selon lui, elle doit sa notoriété à la vitalité de sa production et à son continuel enrichissement, à travers les siècles, par les apports islamiques, méditerranéens, atlantiques et ibériques, une confluence des cultures qui a permis l'éclosion et le développement d'un art original, d'une extraordinaire diversité, et d'une richesse dont on n'a pas encore à ce jour pris toute la mesure.

Expert comptable et juriste, l'auteur, selon le professeur Elmandjra, a été conseiller financier et commercial auprès d'entreprises pétrolières, "banquier pendant plusieurs années et a supervisé du bureau de l'Office Chérifien des Exportations (OCE) de Paris la distribution de produits marocains à travers le monde pendant plus de 10ans ". Collectionneur depuis 35 ans, il ouvre en 1992 une galerie d'antiquités à Casablanca et rejoint depuis la cybernétique en lançant trois sites Internet dont le nombre total de visiteurs se chiffre déjà en dizaines de milliers.
(MAP).

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