Association Marocaine de P rospective (A.M.P.)

 

DECLARATION DE BENI-MELLAL  (22 Mars 1980)

 

1.     Que la démarche prospective au Maroc doit, en précisant les idées, se donner des objectifs simples, cohérents et réalisables.

 

2.     Que cette démarche doit s'associer avant toute chose à un changement de mentalité. Elle doit ainsi permettre de s'éloigner d'une mentalité de facilité, d'assistance et d'à peu près.

 

3.     Que cette démarche doit permettre un réapprentissage dans les méthodes et la pensée, permettant ainsi par un discours cohérent, global et clair, par l'analyse et la collecte d'une information dense, par une réappréciation de notre passé et par une confiance en nous même retrouvée, de nous éviter des impasses.

 

4.     Que la prospective doit dans tous les domaines, avec des hommes et des femmes de bonne volonté, de toutes les couches sociales et culturelles, dans tous les secteurs, analyser objectivement la situation, s'ouvrir à toutes les approches, travailler intensément avec les méthodes scientifiques et techniques, et d'une manière indépendante, mesurer, estimer et imaginer les scénarios du possible.

 

5.     Que pour arriver à ces résultats il y a lieu :

 

a)     D'entreprendre un travail de recherche devant servir à tous, afin d'éclairer les prises de décision. C'est ainsi que quelques groupes de travail pourraient se pencher sur l'étude de thèmes tels que :

 

·       Les besoins de la population et une redistribution plus équitable des fruits du développement économique, social et culturel,

·       Les problèmes d'infrastructure et du patrimoine pour les 20 ou 30 années à venir,

·       Enfin, et surtout, la place du Maroc dans l'environnement international et particulièrement en Afrique et dans le Monde Arabe.

 

b)     Lancer un programme de recherche pluridisciplinaire afin de cerner les contours d'un Maroc 2000, du point de vue économique, socioculturel et éthique.

 

c)     D'envisager la création d'un Institut Marocain de Prospective qui pourrait canaliser toutes les énergies dans un moule commun et constituer le lieu de convergence de l'université, de l'administration, du semi-public, et du secteur privé, permettrait avec des moyens financiers et humains adéquats, d'engager un travail permanent sur tout ce qui concerne le futur de notre pays.

 

6.     Qu'un tel programme requiert une conviction profonde dans l'avenir du pays, dont ce séminaire a fait preuve, que ce n'est qu'un, début mais un début encourageant qui augure pour un nouveau type de développement -un développement endogène et autocentré- où la planification s'appuierait sur un projet de société conforme aux aspirations et systèmes de valeurs socioculturelles nationales.  

 


Mahdi Elmandjra

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