Jeudi 17 mai 2001

Les militants de l'Association marocaine des droits de l'Homme
condamnés à des peines de prison de ferme


RABAT (AP) -- Le tribunal correctionnel de Rabat a condamné mercredi 36 militants de l'Association marocaine des droits de humains (AMDH) à trois mois de prison ferme, a-t-on appris de sources judiciaires.
Les 36 militants condamnés avaient été placés en garde à vue après avoir été interpellés dans le centre de la capitale marocaine lors d'une manifestation organisée le 9 décembre 2000 pour célébrer l'anniversaire
de la déclaration universelle des droits de l'Homme.
Cette manifestation avait été interdite par les autorités marocaines. Les prévenus, reconnus coupables d'attroupement illégal sur la voie publique et trouble à l'ordre public, ont en outre été condamnés à 3.000
dirhams (300 euros) d'amende chacun.
L'ancien président de l'AMDH, Abderrahmane Benameur, fait partie des prévenus, qui ont annoncé leur intention d'interjeter un appel suspensif de leur condamnation.
L'actuel président de l'association, Abdelhamid Amine, a dénoncé à sa sortie de l'audience ''les pressions du ministère de l'Intérieur'' pour justifier la sévérité du jugement. Connue pour ses positions radicales pour la défense de libertés publiques, l'AMDH réclame notamment l'ouverture de poursuites judiciaires contre les responsables de tortures, d'enlèvements et de séquestrations arbitraires lors des ''années de plomb'' (1965-1985) du règne de Hassan II.
En octobre 2000, l'AMDH avait par ailleurs publié une liste de responsables policiers et militaires encore actuellement à des postes de responsabilité et susceptibles d'être poursuivis. Les journées des 9 et 10 décembre avaient été marquées par plusieurs manifestations brutalement réprimées par les forces de l'ordre.


Mahdi Elmandjra

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