Brasilia, 5 décembre 2000
Mon cher Mahdi,
soudain, ces mots ardents sortent de moi, comme des braises, en souvenir de l´ami :
Les mots ardentsAbu Talib, mon ami, dit moi
Pourquoi tout d´un coup,
Je me sens si triste?
Pourquoi la chanson a cessé
de me ravir?
Pourquoi une lumière vitreuse
Baigne la ville,
Et pourquoi les mots, soudain,
Comme des bateaux de pêche
Par mauvais temps,
Restent encrés dans ma gorge?
Pourquoi le crépuscule se balance
Entre le jour et la nuit
Et l´aube, est synonyme de ténèbres?
Pourquoi l´humour se sent trahi
Et la passion n´a plus de frère?
Pourquoi la vertu, la vraie
Reste clouée par terre,
Et la bonté est orpheline
De sa gloire embaumée?
Les mots, dont tu étais le maître
Dans toutes les langues, sont lugubres
Les dictionnaires analogiques vont se taire
Et les textes sans toi, sont à refaire.
Chaouen, dont tu avais fait ton home
Restera notre commun souvenir
Des moments passés ensemble
A discuter de l´Homme,
Du droit, de l´ethique et du sublime.
Abu Talib, dit moi, pourquoi
Malgré mes lourds soupirs,
je me sens gonflé d´espoir,
et de bonheur intime,
D´avoir cotoyé en toi,
L´amitié, la noblesse d´âme
L´authenticité et le savoir?
Ton ami si lointain,
Abdel
Mahdi Elmandjra