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Journée mondiale
contre le travail des enfants)
Plus d’excuses pour le travail domestique des
petites filles
Les enfants
invisibles, « Plus d’excuses pour le travail domestique des petites
filles, plus aucune excuse pour les pires formes de travail des
enfants », déclarent l’OIT/IPEC, le Projet ADROS et l’UNICEF dans un
communiqué conjoint lancé à l’occasion de la Journée Mondiale contre le
travail des enfants, le 12 juin 2004 dont le thème retenu cette année est
le travail domestique » Texte du communiqué :
C’est parce qu’elles sont
invisibles qu’il est difficile de recenser les petites filles domestiques
au niveau national. Mais les résultats de l’enquête faite en 2001 auprès
des petites employées de maison dans la wilaya de Casablanca sont très
révélateurs de la situation dramatique de ces enfants et méritent d’être
rappelés à l’occasion de cette journée mondiale contre le travail des
enfants.
Ainsi, à Casablanca, 13.580
filles de moins de 15 ans travaillent dans les foyers en tant que
domestiques dont 4% ont moins de 11 ans. Cachées derrières des portes
closes, ces petites filles sont assujetties aux pires formes
d’exploitation. Privées de leur milieu familial et de leur droit à
l’éducation (82% sont analphabètes), elles sont livrées à elles mêmes, sans
aucune défense, à diverses formes de maltraitance, de violence et d’abus
sexuels (570 cas parmi les filles recensées à Casablanca ont été victimes
d’abus sexuels).
Très souvent, ces petites
filles sont les premières à se réveiller et les dernières à dormir,
travaillant de très nombreuses heures, dépassant même les normes des
adultes (67 heures par semaine en moyenne alors que le nouveau code du
travail fixe une limite de 44 heures pour les adultes). La majorité d’entre
elles travaillent 7 jours sur 7 sans répit et sans congé, faisant ainsi
l’objet d’une intolérable exploitation. Ces petites filles domestiques font
souvent l’objet de trafic par des intermédiaires (Samsaras) et ne
perçoivent même pas la maigre contrepartie de leur travail (salaires
variant en moyenne de 200 à 500 dirhams) qui est versée directement aux
parents.
C’est une enfance perdue
pour ces petites filles qui aspirent, comme d’ailleurs tous les enfants, à
une vie meilleure, à rester au sein de leur famille et à aller à l’école.
En les mettant au travail si jeunes, ces petites filles deviennent autant
d’opportunités perdues pour leur société et pour le développement de leur
pays. Autant d’opportunités malheureusement perdues dans un cercle vicieux
qui accentue leur pauvreté et pérennise leur marginalisation.
Le Maroc a ratifié la
Convention des Droits de l’Enfant et les conventions internationales n°182
et 138 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Aujourd’hui,
le Maroc dispose d’un Code du travail qui interdit l’emploi des enfants de
moins de 15 ans et d’une loi sur l’obligation scolaire (loi 04-00). Plus de
tolérance, plus d’excuses pour l’exploitation des enfants. L’exploitation
des enfants ne doit plus être tolérée ni excusée sous aucun prétexte. La place
naturelle d’un enfant est au sein de sa famille et sur les bancs de
l’école.
Ce message interpelle non
seulement les parents, qui justifient souvent le travail de leurs enfants
par la pauvreté, mais également les employeurs. Ceux-ci contribuent à priver
ces petites filles de leurs droits les plus fondamentaux : le droit à
l’amour et à l’affection, le droit à la famille, le droit à l’éducation, au
jeu et à l’épanouissement. Le paradoxe est que, souvent, ces employeurs ont
eux-mêmes bénéficié d’une éducation et d’une formation supérieure (42 % des
employeurs de petites domestiques à Casablanca ont un niveau d’études
supérieur) et qu’ils veillent avec ardeur à assurer un bon avenir à leurs
propres enfants. Ce sont ces mêmes employeurs qui confient la garde de
leurs enfants à des petites filles domestiques qui ne sont elles-mêmes que
des enfants.
Plus aucune excuse pour
l’exploitation de nos enfants !
Faisons en sorte que la
famille et l’école soient plus qu’un droit pour l’enfant, qu’elles soient
sa place naturelle dans la société.
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