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Entièrement
repensé, rajeuni, ce festival qui était devenu, au fil des ans, une
véritable institution nationale, fait la part belle au patrimoine et à
toutes ses composantes. Pour cette édition, le festival introduit deux
innovations de taille : l'organisation d'une soirée des stars au cours de
laquelle Abdou Chérif recevra le Rabab d'or et la consécration de l'une des
mémoires de la musique populaire nationale, celui qui est désormais connu
par le maestro. Le festival va lui décerner «la fibule d'or».
Agé de cent ans et ayant parcouru le globe avec son équipe, Moha Oulhoucine
Achibane, dénommé Maestro, est le roi de la danse de l'Ahidous du Moyen
Atlas. Cette danse qu'il maîtrise bien, fait de lui un chef d'orchestre de
renom.
Cet artiste, vieux routier de la chanson Amazigh, a, à maintes reprises,
été l'invité d'honneur dans des manifestations internationales
C'est, à coup sûr, une plaque tournante du folklore marocain qu'il est
nécessaire de récompenser pour avoir occasionné la renommée de la culture
marocaine, en général, et amazigh, en particulier, depuis 1950, date à
laquelle il entama cette activité. Ce dernier a déjà préparé son
successeur, en la personne de son fils.
Le film documentaire marocain intitulé «Moha Oulhoucine Achibane», dit Le
maestro, et qui minutes retrace des étapes importantes de la vie du
désormais célèbre artiste populaire Moha Oulhoucine avait remporté le prix
du jury attribué par le festival «Al Jazeera» pour la production télévisée.
Ce documentaire de 50 mn revient sur les différentes facettes de cet
artiste, qui doit son surnom de Maestro à l'ancien président américain
Ronald Reagan, qui était impressionné par ses joutes chorégraphiques en
exécutant la danse de l Aigle.
Le documentaire évoque également les souffrances et les aspirations de cet
artiste hors pair, originaire du Moyen Atlas, qui s'est illustré par les
touches captivantes qu il a su imprimer, avec verve et maestria, à la danse
folklorique d'Ahidous et à l'orchestration magistrale de sa troupe.
Figure emblématique de la chanson classique arabe, Abdou Cherif a su
attiser la flamme des nostalgiques pour nous rappeler que les classiques de
la chanson arabes ne se meurent jamais. Sa voix chaude et tendre rappelle
étrangement celle du grand Maestro qu'était Adbehalim HAFIZ. Elle permet
aux esprits de voyager dans le temps portés par les notes d'antan, jusqu'à
une époque où la foule ne vibrait qu'aux sons de la musique arabe et ne
jurait que par les voix de la Diva arabe Oum Keltoum ou encore de Farid Al
Attrach et Abdelhalim.
Ce voyage dans le temps, les visiteurs du Festival de Marrakech pourront le
refaire en compagnie de Abdou CHERIF qui se produira le vendredi 08 juillet
2005 au théâtre Royal lors d'une soirée offerte à son honneur et en hommage
à cet artiste qui a su perpétuer un style musical que tant de générations
ont porté dans leurs coeurs.
Comme la musique populaire, la chanson classique, merveilleusement
interprétée par Abdou Cheri, puise sa force dans ses racines historiques
liées à une culture moyen-orientale imprégnée d'une musique dont l'histoire
remonte à l'ère Ziriab et qui se perpétue grâce à des talents comme ceux de
Abdou pour résister aux phénomènes de mode et continuer à s'imposer grâce à
son authenticité.
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