Impact de l'environnement
socioculturel
sur le développement
de la technologie de l'information *


Version anglaise


VALEURS SOCIO-CULTURELLES

Les technologies de l'information sont à la fois un sous-produit de l'environnement dans lequel elles évoluent et un sous-système stratégique de ce même environnement. L'expression "technologie de l'information" s'entend, ici, dans son acception la plus large et couvre donc toutes les technologies concernant la collecte, le stockage, le traitement, l'utilisation, la communication, la transmission et la mise à jour de toute forme et de tout genre d'information, indépendamment de son support technique. Elle comprend, par conséquent, toutes les technologies concernant la documentation, le traitement de données, les sciences de l'information, la technologie informatique, la robotique, l'intelligence artificielle, la communication et les technologies de l'espace ainsi que toutes les technologies relatives aux signes graphiques et audiovisuels.

La civilisation contemporaine traverse une mutation profonde qui se caractérise par le passage d'une "société de production" à une "société d'information et de savoir". En effet, l'information sous-tend actuellement toute activité humaine. Les technologies de l'information, devenues hautement perfectionnées, diversifiées et interdépendantes, sont largement tributaires de l'apport des ressources humaines qualifiées, du processus d'innovation et de "Recherche et Développement". Elles nécessitent des économies d'échelle et de vastes marchés.

Avant la fin du siècle, le volume global des connaissances humaines aura probablement doublé. Le nombre total des publications scientifiques et techniques est passé, selon l'OCDE, de 10.000 en 1900 à plus de 100.000 en 1990. En 1980, on comptait environ 300 banques de données dans le monde. En 1990 ce chiffre a dépassé les 4.000 dont 56% pour les Etats-Unis, 28% pour la CEE, 12% pour le Japon et environ 1% pour le Tiers-Monde (source : Ministère français de la Recherche et de la Technologie).

L'information est devenue un des principaux déterminants des rapports de force et du développement socio-économique. Elle compte, également, parmi les principaux facteurs qui sont à l'origine de l'élargissement du fossé qui sépare le Nord et le Sud. Aucune stratégie de développement n'est, désormais, concevable sans une politique rigoureuse et à long terme en la matière.

On ne saurait comprendre les transformations qui ont conduit à cette évolution sans prendre en compte l'environnement socioculturel qui les a provoquées. Ces transformations ne se sont pas opérées de façon uniforme. Au contraire, elles varient d'une société à une autre pour la simple raison que, comme nous le verrons plus loin, il n'existe pas de véritables valeurs "universelles" en matière scientifique et socio-culturelle.

Les technologies de l'information favorisent une meilleure prise de conscience de l'importance du processus de participation en tant que générateur de pouvoir. D'où le rôle essentiel qu'elles jouent désormais dans la communication politique et sociale. Néanmoins, on ne saurait perdre de vue le fait que, dans la mesure précisément où elles constituent une source de pouvoir politique, économique, social et culturel, ces technologies d'information ont tendance à privilégier (entre les pays et à l'intérieur de chacun) les systèmes de valeurs dont se réclament les détenteurs de ces pouvoirs. D'où le problème de la "démocratisation" des technologies de l'information et les questions qui en découlent concernant les valeurs morales, et plus particulièrement, l'éthique de la redistribution.

Nous créons des connaissances à une cadence jamais égalée dans la civilisation humaine. Pourtant, nous nous sommes montrés, jusque là, incapables de maîtriser le savoir pour le rendre plus pertinent socialement et plus accessible au grand public. C'est le "fossé humain" dont souffrent nos sociétés. Les technologies de l'information devraient tenir beaucoup plus compte des changements sociaux ainsi que de l'analphabétisme scientifique et technologique qui affaiblit l'impact de ces changements et ouvre la voie à la domination politico-technocratique.

Il est donc nécessaire de mettre en oeuvre de nouveaux systèmes d'apprentissage pour développer les structures mentales et les rendre aptes à assimiler les changements fondamentaux occasionnés par la technologie de l'information. L'"Etat-Nation" et les nombreuses institutions qu'il a mises en place pour améliorer la qualité de la vie est en passe de devenir obsolète en raison du développement de nouveaux canaux de communication.

Ceci tient, également, à l'importance de plus en plus grande que revêtent les réseaux informels de solidarité humaine, lesquels transcendent et contournent les structures gouvernementales et intergouvernementales qui ont été mises en place au nom de la "souveraineté". Le revers de la médaille, c'est qu'on trouve, derrière les technologies de l'information, des intérêts financiers et économiques considérables qui profitent de l'absence de mécanismes "régulateurs" pour éviter les contrôles à caractère sociétal.

En attendant que des transformations en profondeur interviennent et que soit mis en place un nouvel ordre de l'information et de la communication et nonobstant les grands avantages scientifiques et socio-économiques qu'il a générés et répartis inégalement, la technologie de l'information est, et restera, une source d'inégalité et un facteur de domination politique, de suprématie économique, de supériorité militaire et d'hégémonie culturelle. Mais on ne saurait en imputer la responsabilité aux technologies de l'information elles-mêmes, mais plutôt à la manière dont on en use et abuse. Il s'agit, donc, encore une fois, de l'environnement socioculturel dans lequel ces technologies évoluent, ainsi que du système de valeurs sous-jacent.

MODELES DE DEVELOPPEMENT
ET TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION

Le poids économique des technologies de l'information et de leurs dérivés est déjà impressionnant. L'industrie de l'information réalisa, en 1985, un chiffre d'affaires de 400 milliards de dollars environ. L'année suivante elle devint la plus grande industrie du monde. L'OCDE prévoit qu'elle atteindra, dans quatre ans, un chiffre d'affaires de 1.000 milliards de dollars et que d'ici à la fin du siècle, elle comptera pour 40% de l'ensemble de la production industrielle mondiale.

La dimension économique de la technologie de l'information est essentielle à la compréhension de son impact sur les schémas de consommation et les modes de vie, lesquels conditionnent, à leur tour, les systèmes de valeurs et vice versa. La part du Tiers-Monde dans cette production industrielle est inférieure à 10% et ses investissements en matière de Recherche et de Développement dans ce secteur représentent moins de 3% des dépenses mondiales consacrées à la Recherche et au Développement dans le domaine de la technologie de l'information. En outre, ces activités sont concentrées à hauteur de 80% dans dix pays (la Chine, l'Inde, la Corée, Taïwan, Hong kong, la Thaïlande, la Malaisie, l'Indonésie, le Brésil et le Mexique).

A la différence des secteurs traditionnels, ce retard ne peut être comblé par les seuls investissements en capitaux, car le développement des technologies de l'information constitue, désormais, un passage obligé. Le fossé qui sépare le Nord et le Sud en matière de technologie de l'information a atteint une disproportion qui, calculée par tête d'habitant, serait de l'ordre de 1 à 30, voire 1 à 40. Le rapport pourrait être de 1 à 50 d'ici à la fin du siècle, à moins que de transformations majeures ne se produisent au niveau du système international et des modèles de développement tant du Sud que du Nord.

La dépendance politique, économique et culturelle du Tiers-Monde continuera à s'accentuer jusqu'à ce que le Tiers-Monde prenne la mesure de l'impact des technologies de l'information sur son propre développement et qu'il démontre sa volonté politique de traduire cette prise de conscience en politiques opérationnelles tenant compte des éléments suivants:

* La nécessité d'une vision à long terme,
* La révision des modèles de développement extravertis qui ont cours actuellement,
* Le rôle capital des ressources humaines,
* Le rôle fondamental de la Recherche et du Développement,
* Le caractère illusoire du "transfert de technologie",
* La nécessité de créer des ensembles économiques fonctionnels,
* La dimension essentielle des valeurs socioculturelles,
* La transformation des structures mentales par l'éducation,
* La place de la personne humaine en tant que moyen et finalité du développement,
* L'importance de l'auto-dépendance et les limites de la coopération internationale dans ce domaine.

La réalisation de ces objectifs serait illusoire sans une évaluation claire de l'environnement socioculturel et sans une approche dynamique des valeurs. Parallèlement, il faut garder à l'esprit que, pour être efficace, le changement doit procéder, au départ, d'un environnement endogène, au lieu de compter aveuglément sur la transposition automatique de modèles de développement issus des systèmes de valeurs qui sont nés dans des environnements aussi différents qu'inimitables.

Si, dans le passé, le développement économique se mesurait à l'aune de la capacité d'absorption des capitaux, il peut être défini aujourd'hui en fonction de la capacité de production, de traitement, de stockage, d'actualisation, de transmission et d'utilisation rationnelle de l'information par une société déterminée.

L'IMPORTANCE DE LA DIVERSITE CULTURELLE

Invité, en 1985, à rédiger l'éditorial de la revue "Développement", publiée à Rome par la Society for International Development (SID), j'avais résumé la problématique des corrélations existant entre l'information et les valeurs, dans ces termes:

" L'on peut décrire le dilemme que pose la révolution de l'information comme suit : d'un côté, aucun processus de développement, de quelque nature qu'il soit, ne peut s'opérer s'il ne s'appuie fortement sur l'information et les technologies de développement ; d'un autre côté, ces technologies, de même que les informations qu'elles véhiculent, comportent une très forte charge de valeurs. Elles désorganisent ainsi les modèles de développement et affectent sérieusement l'environnement socioculturel tant au niveau des pays industrialisés qu'à celui des pays en développement.

"La seule question que nous pouvons valablement poser reste de savoir s'il faut se cantonner dans une attitude passive et accepter l'invasion de ces technologies et des produits qui en découlent, ou alors prendre une position active en oeuvrant pour l'élaboration de stratégies et de politiques adaptées aux exigences sociales et aux impératifs de la cohésion culturelle. Rien ne sert à brandir le slogan de "l'identité culturelle" comme instrument de protection à moins que l'on tienne à réduire la culture à du folklore ou à entretenir des réserves pour que les futurs ethnologues puissent se pencher sur les cultures du passé".

Mais il n'en reste pas moins que la diversité est essentielle pour la survie de toutes les espèces et de tous les écosystèmes. Pour l'être humain, cette diversité tire sa meilleure illustration dans les systèmes de valeurs échafaudés par différentes cultures. Tant que l'on relativise culturellement le concept de la diversité, celui-ci ne peut être en contradiction avec la notion idéalisée de "l'universalité". Car le concept de l'universalité possède ses propres limites, même dans le domaine des sciences et de la technologie.

René Maheu, ancien Directeur général de l'UNESCO, disait que "le développement est la science devenue culture". Le prix Nobel de Chimie, Prigogine, conteste la "neutralité" et "l'universalité" de la science dans son fameux livre "La Nouvelle Alliance" où il a écrit en substance:

"Mais nous pensons qu'il est une autre extra-territorialité à laquelle la science doit renoncer, c'est l'extra-territorialité culturelle. Il est urgent que la science se reconnaisse comme partie intégrante de la culture au sein de laquelle elle se développe ..."

"... Nous pensons que notre science s'ouvrira à l'universel lorsqu'elle cessera de nier, de se prétendre étrangère aux préoccupations et aux interrogations des sociétés au sein desquelles elle se développe, au moment où elle sera capable enfin d'un dialogue avec la nature, et avec les hommes de toutes cultures, dont elle saura désormais respecter les questions".


Plus récemment encore, un professeur français de médecine, auteur de "Organisation Biologique et Théorie de l'Information" (1992), déclarait dans une interview au Journal Le Monde (19 novembre 1991), que nul ne peut prétendre se référer à des valeurs ayant une objectivité universelle. La diversité des valeurs et l'absence d'un universalisme absolu nous aident à comprendre le processus de développement de la science et de la technologie. Elles nous expliquent également, et surtout, pourquoi le transfert de ces technologies ne peut se faire automatiquement.
L'on peut "acheter" une technologie, mais dans ce cas, l'achat porte sur un produit ou un gadget qui ne vaut pas grand-chose s'il ne s'intègre pas parfaitement dans le système des valeurs de la société dans laquelle il est appelé à être utilisé. Ceci ne signifie pas que l'on doive reproduire les systèmes de valeurs des autres sociétés, car ce serait tout simplement impossible. Voilà pourquoi le "transfert de technologie" restera un mythe, aussi longtemps que l'on ne sera pas capable de démonter et de remonter les mécanismes d'une technologie après y avoir ajouté notre valeur endogène. L'accès à la technologie, de quelque nature qu'elle soit, requiert un minimal apport d'innovation.

Les valeurs ainsi ajoutées représentent les "enzymes" de l'innovation et du développement ; elles donnent également un sens et une raison d'être à la technologie, en ce sens qu'elles sont davantage intéressées par le "savoir pourquoi" et le "savoir pourquoi faire" que par le simple "savoir faire". En plus de son caractère mythique, le "transfert de technologie" est également une "illusion", car les pays industriellement avancés n'ont nullement l'intention de mettre ces technologies sophistiquées à la disposition des pays en voie de développement. C'est, du reste, la position officielle de la CEE et de l'Amérique du Nord. Les contrôles de plus en plus stricts, empêchent ces transferts pour des considérations militaires.

Lorsque l'on comprend la corrélation étroite qui existe entre les différentes technologies avancées, et la difficulté qu'il y a à faire la distinction entre les applications civiles et militaires des technologies de l'information, telles que celles utilisées dans la télédétection, l'observation météorologique, les communications par satellite, le contrôle radar... sans parler des technologies nucléaires et biologiques, alors l'illusion du "transfert" devient, on ne peut plus, évidente. Cette situation persistera aussi longtemps que le Nord continuera à considérer le Sud comme un simple marché pour l'écoulement de ses technologies désuètes.

Le Sud, n'a donc d'autre choix que de développer ses propres technologies, et doit par conséquent intensifier, pour y parvenir, la coopération Sud-Sud. Mais l'aspect ironique de la chose est que la technologie de l'information, comme toute autre technologie sophistiquée, est engendrée par la recherche militaire et ne peut survivre sans les budgets de la défense.

De nombreux indices donnent à penser que les différends idéologiques, économiques et politiques risqueront de moins en moins, à l'avenir, de dégénérer en conflits généralisés. En revanche, c'est l'absence de communication et de tolérance culturelles, qui risque de mettre la paix en péril dans les années à venir. C'est dire que les valeurs culturelles se sont installées dans le monde de l'économie et des sciences politiques et qu'on ne peut plus les escamoter dans les études stratégiques et les travaux de recherche sur la paix.

La paix et la survie exigent une solidarité dans l'espace : la participation ; ainsi qu'une solidarité dans le temps : l'anticipation. Les principaux obstacles qui empêchent de remplir ces conditions sont : (a) les grands écarts existant au sein de chaque pays et entre les pays et les inégalités sociales qui s'ensuivent ; (b) l'hégémonie exercée par le système "Occidental" des valeurs socio-culturelles durant ces trois derniers siècles ; et (c) l'inadaptation des systèmes d'apprentissage, les structures mentales archaïques et les déséquilibres au niveau des canaux de communication.

L'effet combiné de ces obstacles conduit à un certain "réductionnisme" alors même que les défis que l'humanité doit relever se résument à une "complexité" croissante, à un besoin plus grand de "diversité", d'institutions "pluralistes" et de solutions "alternatives". Ce réductionnisme apparaît clairement dans les relations internationales, surtout quand on voit comment l'ethnocentrisme a restreint le concept d'"universalité" en l'assimilant virtuellement aux valeurs "occidentales".

Le modèle japonais de développement commence à mettre en lumière les erreurs de ce réductionnisme et de ces simplifications excessives. L'introduction d'un rapport du NIRA - Japanese Institute for Research Advancement (Institut japonais pour l'Avancement de la Recherche) - de 1988 faisant le point des résultats des travaux de recherche sur les perspectives du Japon pour les années 1990, met en évidence, dans ce qui suit, le concept de "l'Age des civilisations diverses".

"Il est devenu nécessaire de considérer le système mondial sous un nouvel angle et de s'écarter de l'idée, longtemps entretenue d'une stratification de l'ordre mondial sous la houlette américaine. Le nouvel ordre mondial peut être intitulé "l'Age des civilisations diverses", marqué par l'avènement d'une ère de cohabitation entre de multiples civilisations. Car malgré les progrès manifestes que l'Occidentalisation a produits à travers le monde en termes de civilisation matérielle, la modernisation du Japon prouve que modernisation n'est pas synonyme d'occidentalisation. Il s'avère, donc, indispensable d'examiner, attentivement, la structure interne du monde multipolarisé si l'on veut bien comprendre le fonctionnement du système mondial... Le monde cherche, peut-être, la possibilité de développer des civilisations pluralistes dans un monde multipolaire... Le Japon doit, pour atteindre ses objectifs, élargir sa conception spatio-temporelle des intérêts et des profits qui lui sont propres".

Le chroniqueur économique et financier du journal français "Le Monde" écrivait récemment :

"On n'insistera jamais assez sur la motivation profonde des Japonais. S'ils se sont lancés avec l'enthousiasme que l'on sait dans l'expansion économique, c'est pour se payer le luxe de rester japonais. Le contraire de l'américanisation annoncée par les analyses superficielles".
Paul Fabra, "Le Monde", 3 décembre 1991.

Pendant combien d'années l'Occident a-t-il vécu avec l'idée que le Japon n'était rien d'autre qu'un bon imitateur, en refusant d'admettre que le développement scientifique et technologique moderne puisse provenir d'autres systèmes de valeurs que le sien? Je voudrais, pour conclure, citer la célèbre boutade de Gregory BATESON, concernant l'information.

"C'est la différence qui fait la différence", dit-il.

Le plus grand défi que pose l'utilisation des technologies de l'information, c'est de savoir comment préserver l'élément de diversité qui conditionne la survie de tout, et en particulier de l'information. Il s'agit donc de savoir comment empêcher ces technologies de se transformer en une nouvelle arme d'hégémonie culturelle qui a déjà été rejetée, dans le passé, par la grande majorité des sociétés humaines et qui a encore moins de chances d'être acceptée à l'avenir. Aujourd'hui, la guerre et la paix tiennent simplement à "la différence qui fait la différence".

Mahdi Elmandjra
E-mail



Conférence donnée au Gottlieb Duttweiler Institut à Zurich (Suisse) le 5 décembre 1991 et publiée dans : "Technology Transfer for Development", G. Cyranek and S.C. Bhatnagar (ed.), Tata McGraw-Hill, New Delhi (1992), India; "ICIS FORUM", 92/04/, New York, USA ; "Le Courrier Informatique", N°3, 92/02/14, Casablanca, Maroc ; "Terminal", #62, 93/04/, Paris, France ; "L'Economiste", 92/02/13; Casablanca, Maroc ; "Revue Marocaine Droit", 92/02/ Casablanca, Maroc et "L'Opinion" 15/02/92.


© Geneva 1996. Webeditor